Orfèvrerie

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Catégories :

Orfèvrerie

Définitions :

  • Art des orfèvres; Ouvrages faits par l'orfèvre (source : fr.wiktionary)
Daphné de l'orphèvre Wenzel Jamnitzer en corail, argent et pierres précieuses

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L'orfèvrerie a trait à la fabrication, la transformation ou la restauration d'objets divers faits de métaux précieux, liés au culte, à l'usage domestique, à l'ameublement ou l'art de la table. Quoique proches et quelquefois confondues, monnaies et médailles sont le domaine du fondeur, alors que les bijoux, surtout ceux arborant des pierres précieuses sont du domaine du bijoutier-joailler.

Le métier d'orfèvre

Hanap représentant un pélican s'arrachant le cœur pour nourrir ses petits. Argent champlevé, émaillé et partiellement doré, France, première moitié du XIVe siècle.

L'orfèvrerie vient du latin auri et faber, ce qui veut dire «artisan de l'or». L'orfèvrerie sert à désigner le travail des métaux précieux, principalement l'or et l'argent. Cet art est habituellement rangé parmi les arts mineurs.

Le métier d'orfèvre regroupe en réalité plusieurs spécialités qui peuvent devenir des métiers à part entière : planeur, tourneur-repousseur, monteur, ciseleur, polisseur-aviveur.

Planeur

Le planeur effectue la mise en forme d'une pièce. La forme est obtenue par martelage, en employant des techniques de forge et dinanderie : l'emboutissage et la rétreinte pour la mise en forme elle-même puis le sous-planage et le planage.

Tourneur-repousseur

Le tourneur-repousseur met en forme les pièces avec un tour. Il utilise pour cela des outils à repousser, lui servant à plaquer la feuille de métal d'origine sur une forme insérée dans le mandrin.

Ciseleur

Article détaillé : Ciselure.

Le ciseleur se charge de réaliser les détails sur la pièce, en utilisant une technique spécifique de repoussage du métal, la ciselure. Cette opération se fait sur des pièces planées ou tournées et leur donne ainsi leurs détails et ornements. A ce stade peut aussi intervenir une découpe pour la création de jours.

Le ciseleur se charge aussi de reprendre les pièces de fonderie, pour les retravailler. Après un ébavurage, le ciseleur pourra procéder à une finition en créant des mats ou des motifs.

Monteur

Le monteur s'occupe de l'assemblage des pièces constituant l'objet. Son travail est principalement lié aux techniques de soudure et de finition d'aspect extérieur. Il s'occupe aussi des pièces conçues pour être dorées ou argentées.

Polisseur-aviveur

Article détaillé : polissage.

Le polisseur est chargé de s'occuper de la finition et de l'état de surface des pièces, avec un tour à polir, ou à la main.

Restauration d'orfèvrerie

La restauration d'orfèvrerie emploie diverses techniques pour redonner aux pièces leur éclat d'antan. C'est principalement un travail de planage, de montage et de polissage qui attend l'orfèvre, quoiqu'il soit habituel d'effectuer des découpes, des moulages ou de la ciselure. Dans l'ensemble des cas, il faut au préalable identifier les pièces (historique et origine) et repérer leurs points faibles pour planifier un devis.

Statut

En France

Depuis le 12 décembre 2003, le métier d'orfèvre s'est vu consacré comme étant un métier d'artisanat d'art[1]. La majeure partie des formations d'orfèvre sont sanctionnées par un certificat d'aptitude professionnelle[2].

Techniques

L'orfèvrerie fait appel à diverses techniques, parmi lesquelles la ciselure, l'estampage, la gravure, le poinçonné, le repercé ou découpage à jour et le repoussé.

Réglementation

Histoire de l'orfèvrerie

Tombe 43 provenant de la nécropole de Varna avec les plus anciens bijoux en or connus. Musée archéologique de Varna

Dans l'Antiquité, et jusqu'à la fin du Moyen Âge, l'orfèvrerie a été inséparable de la richesse et de la monnaie : en effet, la richesse se calculait en poids de métal, et en cas de besoin, on n'hésitait pas à refondre une pièce d'orfèvrerie, tout comme les orfèvres refondaient des monnaies pour fabriquer leurs œuvres.

Préhistoire et protohistoire

On considère le plus souvent que l'homme connaissait l'or au paléolithique. Cependant, il était peu travaillé : l'homme de cette époque ne connaissait pas encore les techniques de fusion du métal, et se contentait de le sculpter.

L'orfèvrerie en elle-même est née durant le chalcolithique, dans les Balkans. Près de Varna a été découverte une imposante nécropole contenant des objets en or décorés au repoussé du Ve millénaire av. J. C. [3]. Il s'agissait essentiellement de parures (colliers, bracelets, ... ). On a même retrouvé des étuis phalliques en or. C'est aussi à cette époque qu'apparurent clairement des différences de classes sociales et de richesses.

Antiquité

L'orfèvrerie en Asie Antérieure

Époque d'Uruk et de Djemdet Nasr (-3500 à -2800)  : Premiers cylindres sceaux. La majorité étaient en pierre, et on en a retrouvé certains faits de cuivre.

Les cités-états archaïques de Sumer (-2800 à -2400)  : l'orfèvrerie représentait une grande richesse et un grand savoir technique. La couleur était omniprésente, et comprenait des incrustations de lapis lazuli, de cornaline, d'ivoire et de coquillages. Dans les tombes d'Ur, on a retrouvé des instruments de musiques d'une grande richesse, des armes, des bijoux et des objets décoratifs comme des boucs dressés. À Mari, on a trouvé la représentation d'un aigle léontocéphale. L'or employé durant cette période était de l'électrum, un alliage naturel d'or et d'argent.

Époque d'Akkad : 2400-2185 et néo-sumérienne (-2185 à -2016)  : on a retrouvé particulièrement peu d'objets d'orfèvrerie datant de ces époques. Il faut observer les statues d'hommes et de femmes pour se rendre compte de l'existence des bijoux.

Dynasties amorites et babyloniennes (-2016 à -1595)  : petits objets comme des statuettes d'adorants ou des bouquetins.

Époque kassite : formes plus rudes, tradition continuée.

L'art des phéniciens au IIe millénaire : la technique était idéale et les motifs utilisés de manière décorative. Des objets retrouvés à Byblos ainsi qu'à Ugarit nous montrent toute la richesse de cet art. On y a trouvé surtout des armes et de la vaisselle précieuse, fréquemment destinées aux sanctuaires.

Les Assyriens (-1245 à -612)  : on connaît essentiellement le trésor de Ziwiyé, qui comprend essentiellement des bijoux reprenant des motifs d'animaux et d'arbres sacrés, qui contrastent avec l'art militaire habituel.

Époque néobabylonienne (-625 à -539)  : Babylone a été pillée, rien n'a par conséquent été retrouvé

Époque achéménide : on connaît essentiellement les trésors de l'Oxus et d'Hamadan. Il s'agit de bracelets et autres bijoux en or, décorés d'animaux, mais aussi de vaisselle précieuse. L'art achéménide fait légèrement la synthèse de l'ensemble des influences d'Asie Antérieure.

Orfèvrerie de l'Égypte ancienne

La principale caractéristique de l'orfèvrerie égyptienne tout au long de son histoire, est l'importance donnée à la couleur.

Civilisation de Nagada  : dès la préhistoire Égyptienne, il y a eu des palettes à fards et autres objets découpés dans du schiste ou de l'ivoire, et décorés de métaux.

Époque thinite (-3000 à -2635)  : bijoux en or, cornaline et turquoise

Ancien empire (-2635 à -2040)  : il reste particulièrement peu d'orfèvrerie à cause des pillages, mais on a retrouvé dans l'une des pyramides un coquillage en or. Les colliers sont particulièrement larges, à plusieurs rangs de perles en or, turquoise et cornaline.

Orfèvrerie étrusque

Article détaillé : orfèvrerie étrusque.

Orfèvrerie grecque et romaine

Moyen Âge

Article détaillé : Orfèvrerie liturgique.
Saint Éloi, patron des orfèvres, dans un atelier.

Après la période des grandes invasions, les peuples barbares qui ont détruit l'Empire romain introduisent leur goût du luxe et leur maîtrise du travail des métaux précieux. Les Huns, les Wisigoths, les Francs, les Lombards produisent des bijoux et objets particulièrement variés (broches, bagues, boucles d'oreille, fibules, épingles, boucles de ceinture... ). Mais, avec la christianisation des royaumes barbares, apparaîssent les premiers objets de culte : reliquaires, croix, couronnes votives. Les techniques sont particulièrement élaborées. La damasquinure consiste à incruster un fil d'or ou d'argent dans une surface métallique. L'orfèvrerie cloisonnée est caractéristique de cette époque. L'orfèvre dessine un réseau d'alvéoles scindées par des cloisons au sein desquelles il insère de la verroterie, des grenats ou des émaux.

Les couronnes votives wisigoths combinent les influences romaines et byzantines. Serties de perles, elles se prolongent par des chaînes d'or auxquelles sont suspendues des lettres d'argent formant le nom du souverain qui les offre (Trésor de Guarrazar}.

Les orfèvres mérovingiens ont une préférence pour les motifs zoomorphes (cigales, poissons, aigles... ).

Héritière de ses techniques peaufinées, l'orfèvrerie s'est énormément développée en Occident au cours de la renaissance carolingienne. Les ateliers d'orfèvrerie comme celui de l'Abbaye de Saint-Denis ou ceux de Metz, Reims et Tours produisent des calices, ciboires, reliquaires et châsses ornés de perles et de pierres précieuses. Les orfèvres carolingiens cisèlent dans l'or des scènes tirées des Évangiles et l'orfèvrerie à tendance à s'étendre aux bas-reliefs des autels ainsi qu'aux reliures des manuscrits. Quoique ses chefs d'œuvres aient été la cible privilégiée des pillards, on peut toujours admirer quelques unes de ses pièces dans les trésors de l'Abbaye de Conques ou celui d'Aix-la-Chapelle.

La période romane est spécifiquement marquée par le développement des ateliers mosans, l'essor de la dinanderie, la multiplication des fonds baptismaux de métal (voir Renier de Huy). La tendance à emprunter ses modèles à l'architecture ainsi qu'à la sculpture se renforce au cours de la période gothique. Les pièces (reliquaires, châsses) prennent quelquefois des proportions monumentales, s'ornant de colonnes et de statuettes en or ou en métal doré (À Cologne, le Reliquaire des Rois mages en forme de basilique à trois nefs est orné de multiples figures d'apôtres et de prophètes). Les reliquaires et ostentoires se multiplient et se diversifient, accompagnant l'essor de la dévotion (formes anatomiques, livres et croix-reliquaires).

L'orfèvrerie médiévale

Pour étudier l'orfèvrerie médiévale il faut avant tout replacer cet art dans son contexte et le dépouiller de l'ensemble des notions et valeurs que lui a donné l'époque moderne.

En effet à partir de la fin du Moyen Âge, on peut observer une hégémonie progressive de la peinture, de la sculpture et de l'architecture sur les arts dits mineurs : orfèvrerie, céramique, verrerie, tapisserie, ébénisterie, relégués au rang d'artisanat. Le développement des Académies, au XVIIe siècle, puis celui du discours critique, au XVIIIe siècle, contribuèrent à une évolution qui a conduit à la naissance du terme «Beaux-Arts». Il a fallu attendre les années 1880, pour que leurs prérogatives se trouvent contestées. Or ces classements, basés sur des valeurs artistiques de l'époque moderne, ne prennent pas en compte celles de l'époque médiévale. La peinture encadrée fait partie de notre conception de l'art, mais au Moyen Âge elle n'existait pas, et on avait d'autres moyens d'expression artistique comme l'orfèvrerie. Comme l'a fait remarquer F. Souchal en 1966 «L'orfèvrerie n'est pas au Moyen Age un art mineur mais une des expressions artistiques principales de cette époque»[4].

En étant reléguée au rang d'artisanat, l'orfèvrerie a perdu l'importance qu'elle avait dans la société médiévale, et surtout son rôle important dans la pratique cultuelle. Progressivement, elle a été intégrée comme œuvre précieuse dans les collections, nouveau passe-temps à la mode. Dans les trésors ecclésiastiques, l'orfèvrerie occupe une place importante pour le montage des reliques, car la valeur matérielle augmentait l'aura cultuelle. Par contre, dans l'art privé des courts, les reliquaires devenus des exceptions témoignent d'une grande virtuosité technique. L'ancien reliquaire s'est transformé en nouveau joyau. L'orfèvrerie a perdu sa forte fonction cultuelle d'origine.

L'étude de l'orfèvrerie médiévale ne peut se faire uniquement par une étude stylistique ou formelle, mais doit prendre en compte la fonction de l'objet, qui fréquemment le définit véritablement.

Renaissance

XVIIe siècle & XVIIIe siècle

L'orfèvrerie s'est énormément développée en Europe du XVIIe siècle au XXe siècle. Des poinçons sur les objets en or, argent et platine permettent la majorité du temps de préciser la nature du métal et son titre, l'auteur, la date et le lieu de fabrication.

À partir de 1662, les orfèvres français (Claude Ballin) travaillent pour la manufacture des Gobelins et produisent des pièces fréquemment dessinées par Charles Le Brun. Le style de cette orfèvrerie d'apparat a un caractère ostentatoire et baroque affirmé : lourdes draperies, lacis de lanières et de rubans, omniprésence de la feuille d'acanthe, moulures redondantes ciselées en couronne de laurier, mascarons et chimères...

Tandis que les demeures royales s'ornent de vaisselles couteuses et de meubles en argent massif (Galerie des glaces du Château de Versailles), des mesures prohibitives (loi somptuaire, mesures fiscales) sont prises pour interdire l'orfèvrerie d'or et limiter l'orfèvrerie d'argent. Puis, en 1689, Louis XIV fait fondre le somptueux mobilier d'argent pour financer les dépenses de guerre. Il ne reste par conséquent de cette époque fastueuse et contradictoire que des receuils de gravures et quelques rares pièces conservées en Allemagne ou en Angleterre [5].

Au sortir du règne de Louis XIV, l'orfèvrerie a tendance à se raréfier ainsi qu'à se miniaturiser. Cependant, Thomas Germain et Charles Rœttiers, orfèvres de Louis XV, réussissent à maintenir à un certain niveau l'orfèvrerie d'apparat (Soleil en or réalisé pour le sacre du roi, miroir en or pour la reine Marie Leczinska). Mais l'arrivée du style rocaille, contourné et tarabiscoté sonne le glas de ce style somptuaire. Le rocaille se répand bientôt dans toute l'Europe et spécifiquement en Allemagne où une foule de modèles gravés venus de France succèdent aux anciennes traditions d'Augsbourg, Francfort et Nuremberg. L'ornemaniste (Antoine Masso, Babel) a tendance à répandre son art dans l'ensemble des domaines dont les orfèvres et les autres corporations ne sont plus que les exécutants et la diffusion des modèles a tendance à standardiser la production. C'est dans le domaine des petites pièces que l'originalité et la qualité expriment le mieux le génie de l'époque : tabatières, boites à portraits, boites de senteur, bonbonnières, cassolettes sont rehaussées d'arabesques gravées et ciselées avec un art merveilleux [6]. Mais la Révolution Française porte un coup fatal à cet art luxueux au service de l'Église et des princes. Non seulement la corporation perd brutalement tous ses privilèges, mais toujours d'innombrables pièces d'orfèvrerie liturgique sont fondues ou saccagées.

À la même époque, l'orfèvrerie connaît un essor énorme en Inde, en Perse, en Chine et dans le sud-est asiatique, mais est victime de l'avidité et du pillage. Le somptueux trône des Grands Moghols tombe entre les mains du roi de Perse lors du sac de Delhi en 1739, le Trésor d'Ayuthia est pillé par les birmans en 1767 lors du sac de la capitale du Siam. Le monde occidental a quelque connaissance de ces splendeurs : Boris Godounov reçoit un trône en or serti de pierres précieuses de la part de son homologue séfévide et Louis XIV reçoit d'une délégation siamoise deux canons d'apparat couverts d'argent. Un missionnaire français note : «Les orfèvres siamois sont tout aussi habiles que les nôtres. Personne ne saurait travailler l'or avec d'avantage de finesse [... ]. Les pièces sont si savamment assemblées que les jointures se remarquent à peine»[7].

Période moderne

Sources

Bibliographie

Notes et Références

  1. (fr) [pdf] Journal Officiel, arrêté du 12 décembre 2003 fixant la liste des métiers d'art. Lire en ligne. Dernière consultation le 7 janvier 2010.
  2. (fr) Fiche métier sur le site de l'ONISEP. Dernière consultation le 7 janvier 2010.
  3. Cf. exposition du musée d'archéologie de Varna [1]
  4. F. SOUCHAL, «Les bustes reliquaires et la sculpture», Gazette des Beaux Arts, 7, 1966, pp. 205-216, p. 215
  5. Sur l'orfèvrerie du règne de Louis XIV, cf. Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie, pp. 125-142, de F. Seré, 1850
  6. Sur le XVIIIe siècle et le style rococo, cf. Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie de F. Seré, pp 143-147, 1850
  7. Dans L'Âge d'or des monarchies, p. 129 et 141, Sélection du Reader's Digest , 2006

Annexes

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 15/12/2010.
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